L'Espagnol Fernando Alonso va retrouver la saison prochaine le baquet d'une Renault, avec laquelle il a été sacré deux fois champion du monde en 2005 et 2006 (photo L'Equipe). «Je suis vraiment heureux. Renault est une des plus grandes équipes, soutenue par des sociétés très importantes. C'est une écurie qui connaît le chemin de la victoire», a expliqué Alonso sur le site internet de Renault. L'Espagnol fera équipe avec le Brésilien Nelson Piquet Junior, fils du triple champion du monde et pilote essayeur de l'écurie en 2007. Le patron de l'écurie française, Flavio Briatore s'est montré très enthousiaste lors de l'annonce de cette information : «Fernando et "Nelsinho" formeront l'une des paires de pilotes les plus excitantes du plateau 2008». Le Français Romain Grosjean, vainqueur des F3 Euroseries, a lui été nommé pilote d'essai.
«Retour aux origines»
Très courtisé après son divorce d'avec McLaren, notamment par Red Bull et Toyota, Alonso a donc décidé de revenir au sein de l'écurie qui l'a fait roi par deux fois en 2005 et 2006. Mais son choix de «revenir aux origines», comme il a été écrit sur son site internet, n'a pas été évident. «Ce n'était pas aussi simple que de choisir entre un pantalon gris et un pantalon noir», a admis l'Espagnol. On ignore pour le moment la durée et le montant exacts du contrat d'Alonso mais l'Espagnol pourrait avoir signé pour trois saisons, avec l'assurance d'un statut de pilote n°1 et la possibilité de quitter l'écurie au bout d'une saison.
Cette signature d'Alonso chez Renault a sans doute été retardée dans l'attente de la décision du conseil mondial de la FIA, qui a finalement choisi ne pas infliger de sanction à l'écurie française suite aux accusations d'espionnage portées contre elle par McLaren. Après plusieurs jours de négociations, le boss de Renault, Flavio Briatore, s'est évidemment montré très satisfait de retrouver son protégé : «Ses capacités comme pilote et comme leader d'écurie sont bien connues, et nous espérons créer une nouvelle association très productive».
Alonso et Renault à la relance
Il y a quelques semaines, Alonso a quitté l'écurie McLaren à l'amiable après une seule saison conclue à la 3e place du championnat du monde, à un point seulement du vainqueur Kimi Räikkönen. Mais cette année passée au sein de l'écurie de Ron Dennis a surtout été marquée par l'exclusion du team du championnat du monde des constructeurs, suite à l'affaire d'espionnage au préjudice de Ferrari, et par une rivalité exacerbée avec son coéquipier anglais Lewis Hamilton. Alonso abandonne McLaren et l'une des deux meilleures monoplaces de 2007 pour Renault, qui n'a décroché qu'un podium cette année. «Aujourd'hui, le défi est que l'écurie retrouve le haut du tableau et ce, dès janvier et février, et que nous soyons plus proches des podiums la saison prochaine», a reconnu le natif des Asturies.
Pour tutoyer à nouveau les sommets, Renault comptera également sur "Nelsinho" Piquet, promu pilote titulaire en 2008. «"Nelsinho" est l'un des talents les plus prometteurs du sport auto. Après ses succès en GP2, il a beaucoup appris en tant que pilote essayeur de notre écurie. Il est prêt à passer la vitesse supérieure», explique Briatore. Quant aux deux pilotes Renault sortants, ils ne connaissent pas encore leur destination pour 2008. Heikki Kovalainen pourrait récupérer le baquet laissé vacant chez McLaren par Alonso ou filer chez Toyota. Quant à Giancarlo Fisichella, il a passé un test chez Force India la semaine dernière. - N. R.

Lors d'un entretien accordé au site internet de Renault F1, Fernando Alonso a donné les raisons qui l'ont poussé à revenir au sein de l'écurie française. L'Espagnol (ici lors du gala de la FIA, vendredi à Monaco, photo Reuters) est également revenu sur la saison passé chez McLaren-Mercedes et a évoqué la préparation de la saison 2008, qui nécessitera selon lui un gros travail.
«Fernando Alonso, pourquoi avoir choisi de revenir chez Renault ? De combien d'autres options disposiez-vous ?
Les options... A vrai dire, j'en avais pas mal, nous savons que c'est pas facile. Je suis l'un des 22 privilégiés qui pilotent une voiture de Formule 1 chaque année, et je suis encore plus privilégié puisque je peux quitter une équipe de tout premier plan pour aller dans une autre tout aussi prestigieuse. Nous savons tous que de nombreux pilotes ne parviennent jamais à évoluer en Formule 1. Ce ne fut pas une décision facile à prendre. Je tiens à remercier toutes les écuries pour l'intérêt qu'elles m'ont montré. Comme je l'ai déjà dit, j'ai choisi Renault en tenant compte non seulement de leur engagement en F1 mais également de leur magnifique palmarès.
Quelle note donneriez-vous à votre saison passée avec McLaren ?
Il n'est pas simple de résumer une saison entière en une note ou un chiffre. Ce qui est certain, c'est que la saison 2007 a été une bonne année pour moi malgré ce qui a pu transparaître à l'extérieur. Je n'aime pas que les gens oublient qu'à seulement 20 tours du dernier Grand Prix du Championnat, au Brésil, j'étais en position de remporter le titre de champion du Monde à nouveau. Plus tard, Kimi a dépassé Massa et, avec cette victoire, Kimi marquait le nombre de points suffisants pour rafler la couronne. En prenant cela en compte, si on m'avait dit en début de saison que je me battrais jusque dans les ultimes tours du Championnat pour décrocher à nouveau le titre mondial avec une nouvelle équipe, j'aurais signé de suite.
Pensez-vous vous battre encore pour le titre la saison prochaine ?
On verra ce qui sera possible de faire... Ce qui est sûr c'est qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. Tout d'abord, nous devons mettre la R28 en piste en janvier puis commencer à travailler à fond afin d'arriver à la première course avec une voiture aussi performante que possible. J'ai relevé un défi similaire l'année dernière pendant l'hiver et je pense sincèrement que nous pouvons réussir là encore. A partir de quoi, il faudra faire un championnat parfait et espérer que les autres n'aillent pas trop vite...»